Entretien de chaudière : locataire ou propriétaire ?
C'est l'une des questions qu'on nous pose le plus, et elle revient à chaque état des lieux. La réponse tient pourtant en une règle presque identique dans les trois Régions : l'entretien revient au locataire, le remplacement de la chaudière au propriétaire. Les nuances sont dans le détail — voici ce que disent les textes, Région par Région.

La règle commune
Dans les trois Régions, la logique est la même. Celui qui utilise l'installation au quotidien en assure l'entretien courant et le contrôle obligatoire : c'est le locataire. Celui qui possède l'installation paie ce qui relève de l'usure normale, de la vétusté ou de la force majeure : c'est le propriétaire. Une chaudière de vingt ans qui rend l'âme n'est donc pas à charge du locataire ; un entretien oublié, si.
Le bail peut préciser les modalités — quels appareils entretenir, à quelle fréquence, quelle attestation fournir — mais il ne peut pas renverser ce partage à Bruxelles. Lisez donc la clause d'entretien de votre bail, sans perdre de vue la règle générale.
À Bruxelles
L'annexe obligatoire jointe à tout bail d'habitation bruxellois le dit explicitement : le locataire assure à ses frais le contrôle périodique des systèmes de chauffage et le ramonage des cheminées qui y sont reliées. L'entretien se fait en même temps que le contrôle, sauf si l'installateur ou le fabricant prévoit autre chose, ou si la copropriété ou le bailleur impose des entretiens plus fréquents.
Les parties indiquent dans le bail les équipements à entretenir et la périodicité, et précisent si le locataire doit produire une attestation. Elles ne peuvent en revanche pas convenir d'une répartition contraire à la réglementation. Le remplacement d'une chaudière défectueuse reste à charge du bailleur. Pour rappel, le contrôle périodique PEB est dû tous les deux ans au gaz et chaque année au mazout.
En Flandre
La réglementation flamande sur les appareils de chauffage met l'entretien à charge de l'utilisateur, donc du locataire : tous les deux ans pour une chaudière au gaz, chaque année au mazout, dès 20 kW. Le technicien agréé remet l'attestation au locataire, qui en transmet un double au propriétaire lorsque celui-ci doit intervenir. Le propriétaire, lui, est responsable du contrôle avant la première mise en service d'une nouvelle chaudière.
Le décret flamand sur les baux d'habitation suit le même principe : l'entretien et le nettoyage sont à charge du locataire, les réparations rendues nécessaires par l'âge ou la force majeure à charge du bailleur. Si l'entretien révèle un défaut, il doit être corrigé dans les trois mois — par le propriétaire ou le locataire, selon ce qui est en cause.
En Wallonie
La liste officielle des réparations locatives est la plus détaillée des trois. Le locataire assure l'entretien de l'installation et la protège contre le gel. Il confie à un technicien agréé le contrôle et l'entretien du brûleur : chaque année avec ramonage pour une chaudière au mazout, régulièrement avec ramonage pour une chaudière au gaz, conformément à la législation ou au bail. Il remet l'attestation au bailleur quand celui-ci la demande.
Le locataire maintient aussi la pression d'eau, purge les radiateurs, manipule régulièrement vannes et circulateur, et remplace les petits éléments : joints, gicleur, électrodes, recharge du vase d'expansion. Le remplacement de la chaudière ou du brûleur devenu inutilisable et vétuste incombe au bailleur.
Quand le locataire paie une réparation
Le partage n'est pas figé : une panne due à un défaut d'entretien ou à une mauvaise utilisation peut revenir au locataire, même sur un élément normalement à charge du propriétaire. C'est tout l'intérêt de garder ses attestations : elles prouvent que l'entretien a été fait à temps, et reportent la discussion sur l'usure ou la vétusté de l'appareil.
À l'inverse, un propriétaire ne peut pas faire payer au locataire le remplacement d'une chaudière arrivée en fin de vie, ni une réparation liée à un défaut d'installation.
Les bons réflexes, des deux côtés
Côté locataire : faites faire l'entretien à la bonne fréquence dès votre entrée, par un technicien agréé dans la Région du logement, et conservez les attestations — en Wallonie, la réglementation demande de garder les deux dernières. Remettez-en une copie au propriétaire s'il la demande, et à votre départ.
Côté propriétaire : indiquez clairement dans le bail les appareils à entretenir et leur fréquence, remettez au locataire les informations utiles sur l'installation, et demandez la dernière attestation à l'état des lieux de sortie. Une chaudière non entretenue pendant un bail se découvre souvent au premier hiver du locataire suivant.
Les textes de référence
Bruxelles : l'annexe obligatoire aux baux d'habitation (article 218, § 5, du Code bruxellois du Logement) et la réglementation chauffage PEB de Bruxelles Environnement. Flandre : l'arrêté du Gouvernement flamand du 8 décembre 2006 sur l'entretien des appareils de chauffage central et le décret flamand sur les baux d'habitation. Wallonie : la liste non limitative des réparations locatives prise en exécution du décret du 15 mars 2018 relatif au bail d'habitation, et l'arrêté du Gouvernement wallon du 29 janvier 2009 sur les installations de chauffage central.
Ces règles évoluent : cet article reflète les textes consultés en septembre 2026. En cas de litige, le bail et le texte en vigueur font foi.
Locataire ou propriétaire, on s'occupe du rappel
Contrat d'entretien : rappel avant l'échéance, entretien planifié avant l'hiver et attestation officielle remise à chaque passage, à Bruxelles, en Flandre et en Wallonie.
Fernatech — chauffage et plomberie à Bruxelles, dans le Brabant flamand et le Brabant wallon.